Nous soutenir

Nous sommes deux !

« Marchez comme des enfants de lumière »
(Épître aux Éphésiens, V, 8)

Parents, maîtres et éducateurs, nous avons pour mission de mener les âmes des enfants vers la Lumière qui sera le chemin de leur vie et leur bonheur. Chaque semaine, nous vous proposons de découvrir quelques paroles de guides et de témoins pour éclairer notre propre route à l'aune de cette parole de saint Thomas d'Aquin : “Ne regarde pas à celui qui parle, mais tout ce que tu entends de bon, confie-le à ta mémoire.” (Seize conseils pour acquérir le trésor de la science). Bonne lecture !

Pour les enfants, on développera le sens de Dieu très heureusement au jardin d’enfants, en prenant avec Dieu un contact direct. C’est très facile chez l’enfant, car il n’a pas les mêmes objections que nous ; il n’est pas arrêté par le mystère de Dieu ; il a le sens du mystère ; il a une réceptivité merveilleuse. Donnez-lui la vérité, faites-lui exercer ses vertus théologales. Ne croyez pas que parce qu’il a trois ou quatre ans il n’a pas de vertus théologales, il les a depuis son baptême ; il a même les dons du Saint-Esprit.

Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967)
Carme

« Mon enfant, faites-vous vos cinq minutes d’oraison ? » Elle me dit : « Ah oui ! » – « Et quand les faites-vous ? » – « Quand je peux ! je les fais pendant la récréation, parfois à la maison ; nous sommes nombreux, cela fait du bruit, je suis obligée d’aller à la salle de bains ». Mais elle ne manquait pas ses temps d’oraison. Je lui ai dit : « Mais enfin vous ne vous ennuyez pas ? Est-ce que le Bon Dieu vous dit quelque chose ? » – « Ah, il ne me dit rien jamais, non jamais ! » Je lui répondis : « Eh bien, c’est heureux qu’il ne vous dise rien ! Et vous, lui dites-vous quelque chose ? » – « On lui donne bien un petit billet tous les quinze jours, mais enfin ça ne va pas loin. » (Il s’agit du billet, avec une prière, donné tous les 15 jours au groupe des « Compagnons de l’Enfant-Jésus »). « Alors, vous ne lui dites pas grand-chose non plus ? Il ne vous dit rien, vous ne lui dites rien, et cependant vous allez le trouver cinq minutes et vous me demandez même de faire dix minutes d’oraison par jour ? Je ne comprends pas comment, tous les jours, vous pouvez aller dix minutes avec le bon Dieu, avec quelqu’un que vous ne voyez pas, à qui vous ne dites rien et qui ne vous dit rien ? » Alors, cette enfant me regarde avec de grands yeux très purs et me dit : « Ah, Père, c’est que, vous savez, nous sommes deux ». Cette enfant avait perçu ce qu’est la foi et, par les dons du Saint-Esprit, elle percevait d’une façon habituelle la présence de Dieu, elle prenait contact avec Dieu ! – Voulez vous que je lui dise de faire des discours ? Elle réalisait l’oraison, le “commerce” avec Dieu, le contact avec Dieu, l’union avec Dieu. Et cette enfant s’enrichit pour toute sa vie, car elle enrichit son psychisme. À ce moment-là, grâce à l’éducation qu’elle reçoit, elle construit chez elle des réflexes qui resteront en action. Évidemment, il y aura les passions, les crises, les péchés peut-être ; il y aura le brouillard et autre chose. Mais au-dessous de tout cela, dans les profondeurs de l’âme, dans ces régions de la grâce, il y a une expérience spirituelle, un besoin. Il y a une blessure faite par Dieu, un sens de Dieu qui est développé et demandera sa nourriture. »

Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967)
Carme


Dans la même catégorie « Vie Chrétienne », lisez aussi :
error: Content is protected !!