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Chère Bonne-Maman !

« Marchez comme des enfants de lumière »
(Épître aux Éphésiens, V, 8)

Parents, maîtres et éducateurs, nous avons pour mission de mener les âmes des enfants vers la Lumière qui sera le chemin de leur vie et leur bonheur. Chaque semaine, nous vous proposons de découvrir quelques paroles de guides et de témoins pour éclairer notre propre route. Bonne lecture !

« Chère bonne-maman ! Toute sa vie s’était passée à la maison, et elle n’y mangeait pas son pain dans l’oisiveté, Dieu le sait ! Elle éleva dix enfants dont sept n’étaient pas les siens, et elle sut, par son travail, assurer l’honorable repos de sa vieillesse. Lorsque je la connus, sa vie active semblait terminée. Elle s’était retirée à la campagne près d’une tombe chérie. Tous les ans, nous allions la voir aux vacances, et je me souviens encore de nos cris de joie quand la lourde diligence s’arrêtait devant sa maison. Elle nous attendait sur le perron fleuri, les yeux humides, les bras ouverts. A peine l’avions-nous embrassée, nous courions revoir nos chambres parées de fleurs et de rideaux blancs, le jardin, la prairie. Puis, nous revenions embrasser mille fois la chère bonne-maman, et, pendant deux mois, ce n’étaient que fêtes, promenades, tapages et folies d’enfants en vacances. »

Julie LAVERGNE (1823-1886)
Écrivain

« Nous étions la gaieté du logis, mais bonne-maman en était l’âme. Elle ne sortait que pour aller à la messe. Dès le matin, elle parcourait tous les coins de la maison et du jardin, distribuant la tâche, les éloges et les réprimandes à qui de droit. Rien n’échappait à sa vigilance. Bêtes et gens semblaient heureux de cette inspection matinale. Les pigeons volaient à sa rencontre, les chiens de chasse sautaient de joie en la voyant, le bon vieux cheval tirait sa longe pour s’approcher de sa maîtresse, et, si quelque poule en maraude l’apercevait de loin, elle se hâtait de rentrer, se sentant coupable. Chemin faisant, bonne-maman ramassait toujours quelque plume tombée de l’aile d’une poule ou d’un oiseau qui avait passé, et elle la portait précieusement dans le fournil où un grand tonneau contenait toutes les dépouilles des volailles immolées à la cuisine. Chaque année, on y puisait pour faire de bons petits oreillers pour les enfants pauvres, et ces dons se joignaient aux nombreux vêtements que bonne-maman faisait pour les pauvres. Elle en distribuait beaucoup, sous la condition expresse qu’on ne la remercierait point. »

Julie LAVERGNE (1823-1886)
Écrivain


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