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Une “maison”

« Marchez comme des enfants de lumière »
(Épître aux Éphésiens, V, 8)

Parents, maîtres et éducateurs, nous avons pour mission de mener les âmes des enfants vers la Lumière qui sera le chemin de leur vie et leur bonheur. Chaque semaine, nous vous proposons de découvrir quelques paroles de guides et de témoins pour éclairer notre propre route à l'aune de cette parole de saint Thomas d'Aquin : “Ne regarde pas à celui qui parle, mais tout ce que tu entends de bon, confie-le à ta mémoire.” (Seize conseils pour acquérir le trésor de la science). Bonne lecture !

Par dessus tout soyez fidèle au devoir de votre état. Votre état, c’est la maison. Ne faites pas de votre maison une chapelle ou un couvent – vous n’êtes pas carmélite, que je sache – mais ce qu’elle doit être, une “maison”. Un lieu où l’on s’aime, où l’on se parle, où l’on mange, boit, rit, dort ensemble. C’est là, d’abord, avant tout, votre devoir. C’est ainsi que vous ferez aimer la foi qui vous habite. Je vous le dis, aimez la cuisine et soyez joyeuse de préparer les repas. Aimez les belles tables, pas seulement les jours de fête, mais chaque jour dont vous ferez un jour de fête. Aimez le rire des jeunes gens et le désordre des enfants. Souffrez-le en souriant.

Saint François de Sales (1567-1622)
Évêque de Genève, Docteur de l’Église

« Il devait lui tarder de servir Dieu : il est né à sept mois – ce fut au château de son père, le 2 août 1567. De ce premier-né, Monsieur de Sales entend faire quelque chose. Il l’envoie à Annecy, puis à Paris, puis à Padoue. François étudie la jurisprudence pour plaire à son père, la théologie pour se plaire à soi-même. M. de Sales exige qu’il se fasse recevoir avocat au Sénat de Savoie. Lui, il sait ce qu’il veut être, prêtre du Christ. C’était une grande nature, dans sa finesse toute de primesaut et d’allant. Et en chaire, sa parole proche et populaire avait de la majesté. De nature, François de Sales avait de la vivacité, de la promptitude à la colère même. Mais il savait se taire, sourire et mener droit son chemin. Ce don particulier qu’on lui a reconnu pour éclairer et convertir, c’est sans doute le don de la tendresse humaine. Tendresse pour l’homme qui, si bête humaine soit-il, peut se diviniser et devenir frère du Christ. Avec un orgueil appris des grands païens, naïvement, scolairement, la Renaissance avait mis trop de confiance en l’homme. La Réforme au rebours avait désespéré de sa nature. Saint François de Sales a rouvert à son siècle la voie toute simple de l’effort, mais aussi de la douceur qui attend tout de la confiance en Dieu. Sa prédication puis ses écrits ont eu un prodigieux succès. Peut-être le mot « confiance » est-il le maître-mot des Évangiles. Dieu, c’est le Père : il faut donc en « recevoir tout avec tranquillité et repos ». « En quelque sauce que Dieu nous mette, ce doit nous être tout un. »

Henri Pourrat (1887-1959)
Écrivain


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