(Épître aux Éphésiens, V, 8)
Parents, maîtres et éducateurs, nous avons pour mission de mener les âmes des enfants vers la Lumière qui sera le chemin de leur vie et leur bonheur. Chaque semaine, nous vous proposons de découvrir quelques paroles de guides et de témoins pour éclairer notre propre route à l'aune de cette parole de saint Thomas d'Aquin : “Ne regarde pas à celui qui parle, mais tout ce que tu entends de bon, confie-le à ta mémoire.” (Seize conseils pour acquérir le trésor de la science). Bonne lecture !
Chaque moment vient à nous chargé d’un ordre et d’une grâce de Dieu, et il va s’enfoncer dans l’éternité pour demeurer à jamais ce que nous l’aurons fait. Le Christ est vivant ; il est présent dans l’Eucharistie. Il est pain de vie. À ce roi divin, présent parmi nous, ne faut-il pas une cour pour l’adorer ? Ce rôle, nous l’avons choisi ; avons-nous tort ? (…) L’amour humain accomplit des merveilles et l’amour divin nous laisserait froids et inertes ? Cet amour serait-il impuissant à me faire passer des heures avec joie dans la compagnie de celui que j’aime plus que tout ? Comment pourrions-nous ne pas être des emballés d’amour ?
Dom Chautard défendant les Ordres monastiques face à Clémenceau, en février 1903.
Dom Chautard (1858-1935)
Abbé de Sept-Fons
« Le moindre contact avec ce grand moine, [Dom Chartard], imprimait chez tous un souvenir inoubliable. Il émanait de toute sa personne un attrait puissant, que l’on devinait jaillissant comme de source, d’une âme radieuse, nourrie jusqu’aux moelles de vie intérieure, toute dilatée par une connaissance et un amour supérieurs. De là un charme séduisant, irrésistible, même pour ceux que le parti-pris ou la froideur naturelle maintenaient d’abord sur la réserve. La virilité dans l’attitude, l’harmonie du geste, la noblesse dans le port de tête, l’expression mobile et nuancée du visage, la flamme du regard droit, étonnamment profond, la parole chaude et lumineuse, tout en lui saisissait. (…) Et quand il parlait, on se défendait mal contre l’élévation des pensées, le jaillissement de l’esprit, l’enthousiasme prompt et communicatif, la chaleur dont il savait animer son discours, surtout quand il s’entretenait des grandes causes de l’Église et de la France. Savant avec les savants, simple avec les simples, parlant médecine, droit, sociologie avec les familiers de ces domaines, étonnant les parlementaires et les hommes d’État par sa rare compréhension des problèmes politiques, traitant d’ascétisme et de théologie avec des religieux distingués et d’éminents prélats, il s’entretenait aussi aisément de sciences et de lettres avec des professeurs d’université que de questions techniques et professionnelles avec le plus humble des ouvriers. Au reste, s’il condescendait à parler de tout, ce qu’il cherchait avant tout chez ceux qu’il entretenait, c’était l’âme. Entraîneur incomparable, il élevait ses auditeurs, désormais inhabiles à se déprendre de l’emprise étrange de cet homme, dont la majesté sereine et l’autorité singulière les fascinaient. »
Un moine
Abbaye de Sept-Fons
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