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Un grand contemplatif

« Marchez comme des enfants de lumière »
(Épître aux Éphésiens, V, 8)

Parents, maîtres et éducateurs, nous avons pour mission de mener les âmes des enfants vers la Lumière qui sera le chemin de leur vie et leur bonheur. Chaque semaine, nous vous proposons de découvrir quelques paroles de guides et de témoins pour éclairer notre propre route à l'aune de cette parole de saint Thomas d'Aquin : “Ne regarde pas à celui qui parle, mais tout ce que tu entends de bon, confie-le à ta mémoire.” (Seize conseils pour acquérir le trésor de la science). Bonne lecture !

L’intimité est bien plus grande entre l’Église et nous qu’entre l’enfant au sein pendant ses neuf mois et la mère qui le porte. Cette intimité n’est pas seulement charnelle faite de rapports avec un personnel hiérarchique, avec des rites et avec des objets sacrés. Elle est viscérale au sens le plus fort ; elle est spirituelle.

Père Sertillanges (1863-1948)
Dominicain

« Le Père Sertillanges, de taille médiocre, avait un visage buriné par des rides profondes, des yeux petits mais pénétrants, un front impressionnant derrière lequel couvaient constamment les plus nobles et les plus vastes pensées, une physionomie qui respirait l’humaine tendresse, une tête d’artiste recouverte d’une abondante chevelure grisonnante. D’une constitution assez frêle, il ne se maintint que par une hygiène et des exercices physiques que l’âge avait à peine ralentis. Jusqu’à la fin, il garda une souplesse extraordinaire, et qui le voyait de dos avançant sous les cloîtres ou marcher allègrement dans les sentiers de montagne, n’aurait jamais pu soupçonner qu’il fut octogénaire. Travailleur acharné, il a pu se rendre le témoignage, au soir de sa vie, qu’il n’avait jamais laissé en plan un travail commencé. La poésie, la musique, l’histoire de l’art, le contact vivifiant avec la nature, le voisinage un peu lointain, mais ardent, de la science dans ses principaux domaines, lui ont permis d’être un homme complet. L’Église, à laquelle il a consacré deux volumes et de nombreux articles, il l’a toujours considérée comme la Mère “qui doit nous enfanter chaque jour, comme elle le fit une première fois au baptême.” L’a-t-il aimée, cette salvatrice que le Christ a adoptée pour épouse, comme identique à lui à certains égards, quoique distincte” ! “Pour moi, je vous le déclare dans toute la sincérité de ma conscience, plus je l’ai étudiée, plus je l’ai pratiquée, bien qu’en ayant souffert peut-être par ma faute, plus je l’ai admirée et me suis attaché à elle jusqu’à mes dernières fibres.” Il était reconnaissant à l’Église, ayant tout reçu par elle, d’avoir été invité par elle à donner en son nom. Il s’inquiétait de ses tribulations et se passionnait pour ses entreprises. Dévoué comme un fils à l’Église, il s’est montré non seulement “capable de souffrir pour elle, mais aussi de souffrir par elle, car c’en est la suprême marque”. Le Père Sertillanges était aussi un grand contemplatif. À l’exemple de saint François, notre Père, comme nous disons dans notre liturgie, il chantait avec amour, en troubadour de Dieu, le cantique des créatures. Le livre de la nature le plongeait dans le ravissement. Les nuits d’astres, le scintillement des étoiles silencieuses, la rumeur des torrents, la chanson de l’eau claire dégoulinant des montagnes, le gazouillement des oiseaux, la symphonie des fleurs, les levers et les couchers de soleil incendiant l’horizon : tout l’enchantait et le faisait rêver à la bonté de Dieu qui ne se lasse pas de se répandre. Ceux qui ont eu le privilège de l’accompagner dans ses vacances studieuses ou simplement de se promener un jour avec lui, ont découvert pour toujours que l’univers n’était qu’un voile transparent sur le visage de Dieu. » France dominicaine, mai 1949, p. 1-5

Père Marie-Fabien Moos (1901-1977)
Dominicain


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