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Revue Thomiste

« Marchez comme des enfants de lumière »
(Épître aux Éphésiens, V, 8)

Parents, maîtres et éducateurs, nous avons pour mission de mener les âmes des enfants vers la Lumière qui sera le chemin de leur vie et leur bonheur. Chaque semaine, nous vous proposons de découvrir quelques paroles de guides et de témoins pour éclairer notre propre route à l'aune de cette parole de saint Thomas d'Aquin : “Ne regarde pas à celui qui parle, mais tout ce que tu entends de bon, confie-le à ta mémoire.” (Seize conseils pour acquérir le trésor de la science). Bonne lecture !

Ma vie sera un acte permanent d’amour, à la condition que je prie le plus possible, que j’étudie le plus possible, que j’enseigne le plus possible notre foi.

Père Coconnier (1846-1908)
Dominicain

« Le bond prodigieux qu’ont fait au XIXe siècle les sciences expérimentales et les sciences historiques a brusquement reposé devant la conscience moderne, avec une acuité douloureuse, le problème de la conciliation entre la foi et la raison. “Une crise intellectuelle d’une gravité extrême, profonde jusqu’à menacer les dernières assises et les dernières bases” (Père Coconnier), le modernisme se prépare sourdement et déjà en plusieurs points se manifeste. Le Pape Léon XIII préconise le retour à la doctrine du docteur angélique comme le seul moyen de résoudre, d’une manière satisfaisante pour l’intelligence et pour l’orthodoxie, les problèmes que pose dans tous les domaines la brutale crise de croissance de la société moderne… Le Père Coconnier n’avait pas besoin qu’on le persuadât que là était le salut… Mais il fallait que les esprits cultivés, désireux de s’intéresser à saint Thomas, eussent un instrument de travail qui leur permît de s’initier, sans trop de difficultés ni trop de temps, à ce mystérieux et vétuste thomisme. Bref, puisqu’on voulait donner saint Thomas comme guide aux intelligences modernes, il fallait lui fournir un organe qui rendît vivante et actuelle sa voix depuis trop longtemps éteinte. Les livres ne répondaient pas à ce besoin. Un livre est un effort surtout individuel, et le but visé était trop général et trop difficile pour être atteint autrement que par un effort collectif. Il fallait une revue. En la baptisant “Revue Thomiste”, le Père Coconnier, sans ambiguité, lui indiquait sa voie. Mais il avait peur qu’on se méprît : ce n’est pas une revue archéologique qu’il fondait et son but n’était pas la reconstitution du passé mort. Ce prêcheur, pour qui l’enseignement scientifique est essentiellement une forme de prédication, a le souci passionné de l’actualité. Il est penché avec angoisse sur le monde contemporain, le seul dont il ait la charge, lui, fils de ceux que le Vicaire du Christ a nommés pour toujours “lumières du monde et champions de la foi”, il sait que le mal dont il souffre et dont il meurt est un mal de l’intelligence, car ce sont les idées qui mènent le monde et qui le sauvent ou qui le perdent. Si la doctrine de saint Thomas l’intéresse, ce n’est pas à titre de curiosité historique, c’est parce qu’elle est éternelle comme la vérité, c’est parce que seule elle est capable de guérir l’intelligence contemporaine et de fournir aux problèmes actuels les principes d’une solution libératrice. Ce serait une manière toute matérielle d’être thomiste que de ne pas vouloir connaître autre chose que ce qu’a connu saint Thomas, car saint Thomas lui-même, s’il avait eu l’occasion de connaître autre chose, l’aurait saisi avec empressement. Le Père Coconnier avait le sentiment très vif de l’unité du savoir humain et pensait que toutes les vérités, comme les cellules d’un organisme vivant, se tiennent. »

Père J-H Nicolas (1910-2001)
Dominicain


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